Au terme d’un combat épique de 120 minutes au Stade Prince Moulay El Hassan de Rabat, l’Algérie a composté son billet pour les quarts de finale de la CAN 2025. Si la victoire fut longue à se dessiner, elle porte le sceau d’un coaching magistral de Vladimir Petkovic et de l’insouciance d’une jeunesse dorée. Voici les notes détaillées des 16 guerriers qui ont terrassé les Léopards.
LE REMPART ET LA GARDE IMPÉRIALE
- Luca Zidane (7.5) : Le nouveau “gardien du temple”. D’une sérénité absolue dans les airs, il a surtout été décisif sur sa ligne lors des rares incursions congolaises. Il dégage une assurance qui stabilise tout son bloc.
- Aissa Mandi (7) : L’expérience ne s’achète pas. Malgré la vitesse des attaquants adverses, son sens de l’anticipation a été un modèle. Il a dirigé sa défense de main de fer.
- Ramy Bensebaini (7.5) : Un monstre de détermination. Dans les duels physiques, il a éteint Bakambu. Son agressivité saine est le moteur de cette équipe.
- Rafik Belghali (6) : Parfois à la limite face à la puissance de la RDC, il a compensé par une générosité de tous les instants. Un soldat loyal.
- Rayan Aït Nouri (6.5) : Toujours aussi élégant et percutant. Il a beaucoup proposé offensivement avant de céder sa place pour un rééquilibrage tactique.
- 👉 Zineddine Belaid (6.5) : (Entré à la 70′) Entrée précieuse. Il a solidifié l’axe et a permis de repousser les assauts aériens congolais en fin de match.
LA BATAILLE DU MILIEU : RÉSILIENCE ET MÉTAMORPHOSE
- Ismaël Bennacer (7) :Sortie sur blessure. Avant son coup d’arrêt, le métronome algérien livrait un match d’une grande solidité. Impactant dans les duels et précieux dans la première relance face au pressing étouffant des Léopards, il a dû quitter ses partenaires prématurément, laissant craindre le pire pour la suite de la compétition.
- 👉 Himad Abdelli (8) : (Entré à la 49′) La métamorphose. Lancé au pied levé pour pallier la blessure de Bennacer, il a pris les clés du camion avec un aplomb incroyable. Conservation de balle impeccable et orientation précise : il a été l’architecte du réveil algérien.
- Hicham Boudaoui (7) : Trois poumons. Il a couru sur chaque millimètre de pelouse jusqu’à l’épuisement. Son travail de l’ombre a permis aux créateurs de s’exprimer.
- 👉 Ramiz Zerrouki (8) : (Entré à la 114′) Le facteur X. Entré pour stabiliser, il a fait bien plus. Sa récupération et son service millimétré pour Boulbina à la 119′ sont les gestes qui envoient l’Algérie en quarts.
- Fares Chaibi (6) : Beaucoup de volonté mais a manqué de lucidité dans la dernière passe. Un match de labeur.
- 👉 Adil Boulbina (10) : (Entré à la 113′) 🌟 HOMME DU MATCH. Que dire ? En six minutes, il passe de l’anonymat au statut d’idole nationale. Son but à la 119′ est un mélange d’instinct et de sang-froid pur. Historique.
- Riyad Mahrez (6/10) : Titulaire sur l’aile droite, le capitaine a joué son rôle de leader technique pendant 70 minutes. S’il n’a pas eu l’explosivité de ses jeunes années, sa science du placement et la précision de ses centres (notamment sur corner) ont obligé la défense congolaise à rester vigilante. Il a quitté la pelouse à la 70e minute, cédant sa place à Anis Hadj Moussa (6.5/10) dans le cadre d’un coaching visant à apporter plus de percussion pour la fin du temps réglementaire. Une sortie sous les applaudissements, après avoir stabilisé le bloc algérien.
LE FRONT DE L’ATTAQUE
- Mohamed Amoura (7) : Une pile électrique. S’il n’a pas marqué, ses appels incessants ont forcé Mbemba à rester très bas, étirant le bloc congolais.
- Ibrahim Maza (8) : Celui que l’on n’arrête plus. Après avoir été élu Homme du Match face au Burkina Faso, le prodige a confirmé qu’il était devenu un pion essentiel du onze de Vladimir Petković. Aligné d’entrée, il a encore une fois fait étalage d’une justesse technique rare et d’une vision de jeu qui casse les lignes. S’il a manqué de peu l’ouverture du score sur une frappe limpide, son influence sur le jeu offensif des Fennecs est désormais indiscutable. Ce n’est plus un espoir, c’est un cadre technique.
- 👉 Baghdad Bounedjah (6.5) : (Entré à la 83′) Il est entré pour le “sale boulot”. Son impact physique a fini de fatiguer la défense centrale de la RDC, créant le chaos nécessaire à l’éclair final.
LA CONFÉRENCE DE PRESSE : « UNE VICTOIRE DE CŒUR »

Vladimir Petkovic a souligné l’intensité de la rencontre, la qualifiant de “vrai match”. Voici les points clés de son intervention :
- Le choix tactique Amoura : Le coach a justifié la titularisation de Mohamed Amoura en pointe par sa capacité à poser des problèmes aux défenses regroupées grâce à sa vitesse de transition.
- La force du groupe : Petkovic a insisté sur l’homogénéité de son équipe : « La valeur de notre équipe réside dans le fait que nous avons plusieurs joueurs prêts à jouer ». Il s’est dit satisfait des 17 joueurs ayant participé à la rencontre (incluant le 11 de départ et les remplaçants).
- Le facteur Boulbina : L’entraîneur a qualifié le buteur de “Joker” de luxe, soulignant qu’il a parfaitement exploité sa première occasion face au but sur une “passe magnifique” de Zerrouki.
- Inquiétudes pour Bennacer : Concernant Ismaël Bennacer, sorti sur blessure, le coach est resté prudent : « Nous attendrons demain pour avoir plus d’informations après les examens médicaux ». Il a également noté que d’autres joueurs comme Bensebaini et Boudaoui ont fini le match avec de grandes difficultés physiques.
Le Focus Tactique : Le “Masterclass” du banc de touche
Si l’Algérie est en quart de finale, elle le doit en grande partie à la profondeur de son effectif. Voici les trois points clés qui ont fait basculer la rencontre :
- Le pari de la jeunesse : En lançant Adil Boulbina à la 113e minute dans un match aussi fermé, Petković a fait preuve d’un flair incroyable. L’attaquant n’a pas été inhibé par l’enjeu et a apporté ce grain de folie qui manquait.
- La connexion Zerrouki-Boulbina : C’est le symbole du coaching gagnant. Faire entrer le passeur (Zerrouki) et le buteur (Boulbina) dans les sept dernières minutes de la prolongation est un scénario que seul le football peut écrire. La lucidité de Zerrouki sur sa passe de la 119e minute prouve qu’il était resté totalement concentré malgré son statut de remplaçant au coup d’envoi.
- La gestion de l’effort : En utilisant ses 5 changements de manière échelonnée (49′, 70′, 83′, 113′, 114′), Petković a gardé une équipe compétitive physiquement face à des Congolais qui ont fini par craquer nerveusement.
L’ANALYSE DE LA RÉDACTION
L’Algérie avance grâce à son collectif et sa profondeur de banc. Malgré le coup dur de la blessure d’Ismaël Bennacer, les Fennecs ont su rester soudés. Le coup de poker de Vladimir Petkovic — faire entrer son passeur (Zerrouki) et son buteur (Boulbina) à quelques minutes du terme — est un coup de génie qui appartient désormais à la légende de cette CAN.
LES NOTES DES LÉOPARDS (4-1-4-1)
- Lionel Mpasi (7) : Il a tout sorti jusqu’à cette maudite 119e minute.
- Chancel Mbemba (8) : Une montagne. Il a porté la RDC sur ses épaules. Son duel avec Bounedjah était épique.
- Aaron Wan-Bissaka (7) : Toujours aussi difficile à passer en un-contre-un.
- Axel Tuanzebe (6.5) : Solide, mais il lâche le marquage sur Boulbina sur l’action du but.
- Joris Kayembe (6) : Il a souffert face à la vivacité de Hadj Moussa.
- Samuel Moutoussamy (7) : Un travail de l’ombre colossal à la récupération.
- Gael Kakuta (6.5) : Des gestes de classe, mais il s’est éteint physiquement après l’heure de jeu.
- Cédric Bakambu (5.5) : Muselé par la paire Mandi-Bensebaini, il n’a jamais eu de situation nette.
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