Le stade Nelson-Mandela de Baraki a retrouvé sa ferveur des grands soirs ce dimanche. Dans une atmosphère électrique, le CR Belouizdad (CRB) a non seulement disposé des Sud-Africains de Stellenbosch FC (2-0), mais il a surtout envoyé un message clair à la concurrence continentale : le “Chabab” est de retour aux affaires. Après le traumatisme de Brazzaville lors de la précédente journée, les hommes de Sead Ramovic ont repris les commandes du Groupe C, offrant un bol d’air frais à des supporters algériens malmenés par les récents revers du MCA et de la JSK en Ligue des Champions.
Une Entame de Match de Champion
Il ne fallait pas arriver en retard dans les travées de Baraki. Dès la 5e minute, l’ambiance a basculé dans l’euphorie. Sur une action d’école, Lotfi Boussouar, d’une précision chirurgicale, a servi Abdennour Belhocini. L’attaquant belouizdadi, avec un sang-froid de vieux briscard, a exécuté le portier adverse Oscarine Masuluke d’un tir sec en pleine surface.
Cette ouverture du score précoce a permis au CRB d’installer son plan de jeu. Sous la houlette de leur entraîneur allemand, les Rouge et Blanc ont exercé un pressing étouffant, empêchant les Sud-Africains de développer leur jeu de transition rapide, pourtant réputé pour sa dangerosité.
L’Effet Boukhanchouche et la Solidité Retrouvée
L’une des grandes curiosités de la soirée était la première titularisation de la recrue hivernale, Salim Boukhanchouche. L’ancien maître à jouer de l’USM Alger n’a pas déçu. Aligné d’entrée, il a apporté cette densité physique et cette clairvoyance qui faisaient défaut au milieu de terrain lors de la débâcle face à l’AS Otoho (4-1). Son abattage défensif et sa capacité à orienter le jeu ont stabilisé le bloc algérois.
Cependant, malgré une domination territoriale évidente en seconde période, le CRB a longtemps joué avec les nerfs de ses fans. Par manque de lucidité dans le dernier geste, les coéquipiers de Belhocini ont manqué plusieurs balles de break. Il a fallu attendre le temps additionnel (90e+4) pour voir le dénouement : le Tunisien Mohamed Ali Ben Hammouda, très remuant depuis son entrée, a provoqué un penalty indiscutable, transformé avec autorité par Farid El-Mellali.
Analyse du Groupe C : Une Opération Comptable Parfaite
Ce succès de 2-0 est une bénédiction mathématique. En s’imposant, le CRB profite du faux pas de l’AS Otoho, battue en Tanzanie par les Singida Black Stars (1-0).
Le classement à mi-parcours :
- CR Belouizdad : 6 pts (+1)
- Stellenbosch FC : 4 pts (-1)
- Singida Black Stars : 4 pts (-1)
- AS Otoho : 3 pts (+1)
Le groupe reste extrêmement serré, mais le CRB dispose désormais de son destin entre les mains. La 4e journée, prévue le 1er février prochain en Afrique du Sud, sera le véritable juge de paix. Un résultat positif à Stellenbosch ouvrirait grand les portes des quarts de finale.
Le Bilan Algérien : L’Algérie à deux vitesses
Ce week-end continental souligne une fracture nette dans le football de club algérien en 2026. D’un côté, nous avons les “spécialistes” de la Coupe de la Confédération : l’USM Alger (9 points) et le CR Belouizdad (6 points), qui caracolent en tête de leurs groupes respectifs. Ces deux formations affichent une maturité tactique et une gestion de l’effort qui font d’elles des favoris logiques pour le titre final.
De l’autre côté, le tableau est sombre en Ligue des Champions. Le MC Alger et la JS Kabylie pointent à la dernière place de leurs quatuors. Là où le CRB a su réagir après une déroute (le 4-1 au Congo), le MCA et la JSK semblent s’enfoncer dans une crise de confiance offensive.
Le Chabab a pansé ses plaies
En deux mois, le CRB a transformé ses doutes en certitudes. La victoire face à Stellenbosch n’est pas qu’un simple succès comptable ; c’est un acte de rédemption. Avec l’intégration réussie de Boukhanchouche et le réveil de ses attaquants, le club de Laâquiba prouve que sa structure est solide.
Désormais leader, le Chabab doit garder les pieds sur terre. Le voyage au Cap dans quelques jours sera un défi physique immense face à des Sud-Africains revanchards. Mais ce dimanche soir, à Baraki, le roi de la capitale, c’était bien le CRB.
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