Le bras de fer diplomatique et sportif entre Madrid et Rabat vient de franchir un nouveau palier. Alors que les sanctions de la CAF (Confédération Africaine de Football) sont tombées hier suite au chaos de la finale de la CAN 2025 au Maroc, l’Espagne durcit sa position. Pour la Fédération Royale Espagnole de Football (RFEF) et le gouvernement de Pedro Sánchez, il n’est plus question de partager : la finale de la Coupe du Monde 2030 doit se tenir au stade Santiago Bernabéu de Madrid.
L’effet “Kash-back” : Les incidents de Rabat comme argument
L’argumentaire espagnol s’est considérablement musclé ces dernières heures. Les scènes de violence à Rabat, ayant entraîné des amendes records et des suspensions de stars comme Achraf Hakimi, sont désormais utilisées en coulisses comme un levier par la RFEF.
Selon des sources proches de la Fédération espagnole, les rapports de sécurité envoyés à la FIFA soulignent que l’Espagne offre des garanties de stabilité et d’expérience que ses partenaires du dossier tripartite (Espagne-Maroc-Portugal) ne pourraient égaler en période de haute tension. Rafael del Amo, actuel vice-président de la RFEF, a laissé entendre que la gestion d’un événement de l’ampleur d’une finale de Coupe du Monde nécessite une “maîtrise absolue du maintien de l’ordre”, un domaine où l’Espagne excelle.
Le Santiago Bernabéu contre le Grand Stade de Casablanca
Le Maroc, de son côté, ne compte pas reculer. Le projet pharaonique du Grand Stade de Casablanca (115 000 places) est l’atout majeur de Rabat pour séduire Gianni Infantino. Le Maroc argue que l’Afrique mérite sa première finale mondiale et que l’infrastructure de Casablanca sera la plus moderne du monde.
Pourtant, Madrid répond par l’histoire et l’accessibilité. Le Santiago Bernabéu, récemment rénové pour devenir un temple technologique, est considéré par l’Espagne comme le “choix naturel”. La ville de Madrid a déjà lancé des plans d’aménagement urbain massif autour du stade pour 2030, signalant à la FIFA que le dossier espagnol est déjà “prêt à l’emploi”.
Une diplomatie sportive sous haute tension
Au-delà du sport, c’est une véritable bataille politique. Le ministre espagnol de la Culture et des Sports a rappelé que l’Espagne possède le plus grand nombre de stades aux normes “Élite” de la FIFA dans la candidature commune. Le Portugal, partenaire plus discret, semble se ranger derrière l’Espagne, préférant s’assurer les demi-finales à Lisbonne.
La décision finale de la FIFA, attendue pour la fin de l’année 2026, s’annonce complexe. D’un côté, le soft power marocain et le symbole du continent africain ; de l’autre, la puissance logistique et la tradition footballistique espagnole. Mais une chose est sûre : après les incidents de la CAN 2025, Madrid ne fera plus aucune concession.
Comparaison des candidatures pour la finale
| Critère | Madrid (Santiago Bernabéu) | Casablanca (Grand Stade) |
| Capacité | 81 000 places | 115 000 places (projet) |
| Expérience | Finale Mondial 1982, 4 finales LDC | Organisation de la CAN 2025 |
| Atout majeur | Centre-ville, infrastructures existantes | Modernité, symbole africain |
| Point faible | Partage du pouvoir avec le Portugal | Sécurité (suite incidents CAN 2025) |
Selon vous, la FIFA doit-elle privilégier la sécurité de Madrid ou le symbole de Casablanca ?
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