Le stade Al Bayt d’Al-Khor, avec son architecture rappelant une tente nomade traditionnelle, a servi de théâtre à l’un des chapitres les plus épiques de l’histoire du football arabe. Ce jeudi soir, la finale de la Coupe Arabe de la FIFA 2025™ a basculé dans l’irréel. Au terme de 120 minutes de sueur, de larmes et de génie, le Maroc a fini par briser la résistance héroïque de la Jordanie (3-2 après prolongations). Un sacre qui porte la griffe d’un homme : Abderrazak Hamdallah, le revenant, le sauveur, le champion.
I. Le coup de tonnerre de Tannane
Dès le coup d’envoi, l’atmosphère est électrique. Les supporters marocains, venus en masse, transforment l’enceinte en un chaudron rouge et vert. Tarik Sektioui, fidèle à ses principes, demande une pression immédiate. La consigne est appliquée à la lettre.
À la 4e minute, le stade explose. Sur une combinaison fluide amorcée par Amin Zahzouh, Oussama Tannane se retrouve en position idéale. D’une frappe chirurgicale, il trompe Yazid Abu Laila et donne l’avantage aux Lions de l’Atlas (0-1). Le Maroc semble s’envoler vers une finale tranquille. Durant toute la première période, la maîtrise est marocaine. Le capitaine Hrimat régule le trafic au milieu de terrain, tandis que la défense, menée par un Bouftini impérial, éteint les rares velléités jordaniennes. À la pause, le Maroc mène logiquement, et peu de gens imaginent alors le séisme à venir.
II. Le réveil des Al-Nashama : Le doublé d’Ali Olwan
Mais le football arabe a ses raisons que la logique ignore. Au retour des vestiaires, Jamal Sellami, le coach marocain de la Jordanie, opère des changements tactiques audacieux. Le bloc jordanien remonte de vingt mètres et l’agressivité change de camp.
À la 48e minute, le premier coup de froid s’abat sur les Lions. Sur un débordement tranchant de Mohannad Abutaha, Ali Olwan surgit au premier poteau pour égaliser d’une déviation subtile (1-1). Le match bascule dans une autre dimension. Le Maroc doute, les passes deviennent imprécises.
Le tournant intervient à la 68e minute. Sur une incursion d’Olwan, Achraf El Mahdioui commet l’irréparable dans la surface. Après une consultation de la VAR qui dure une éternité pour les cœurs cardiaques, l’arbitre désigne le point de penalty. Ali Olwan, glacial de réalisme, transforme la sentence et s’offre un doublé historique (2-1). Pour la première fois du tournoi, le Maroc est mené. La Jordanie touche du doigt son premier sacre arabe.
III. Le pari fou de Sektioui : L’entrée du “Buteur de Safi”
Sentant le titre lui échapper, Tarik Sektioui décide de tout tenter. À la 71e minute, il opère un triple changement qui va changer le cours de l’histoire : Sabir Bougrine, Mounir Chouiar et surtout, le légendaire Abderrazak Hamdallah entrent sur la pelouse.
Le siège du camp jordanien commence. Le Maroc pousse, multiplie les corners, mais bute sur un Abu Laila en état de grâce. Les minutes défilent, le chronomètre devient l’ennemi. On entre dans la 88e minute. Sur un ultime corner botté par Bougrine, la défense jordanienne repousse une première tentative de Hrimat. Le ballon flotte dans la surface, c’est le chaos. C’est alors que Hamdallah, avec cet instinct de prédateur qui ne l’a jamais quitté, surgit pour catapulter le ballon au fond des filets. Le but est validé après vérification VAR. 2-2 ! Le Maroc revient de l’enfer.
IV. Prolongations : La nuit appartient à Hamdallah
Épuisées physiquement, les deux équipes abordent les prolongations avec le cœur plutôt qu’avec les jambes. Mais le Maroc a repris l’ascendant psychologique. À la 100e minute, sur une merveille de passe verticale signée Marwane Saadane, Abderrazak Hamdallah s’échappe. D’un plat du pied plein de sang-froid, il inscrit le but du KO (2-3).
La deuxième période de la prolongation est une séance de résistance pure. La Jordanie jette ses dernières forces, mais le bloc marocain, renforcé par l’entrée de Marouane Louadni, ne rompt plus. Au coup de sifflet final (120’+4), c’est l’apothéose. Les remplaçants envahissent le terrain, les larmes coulent. Le Maroc est champion.
V. L’analyse de Marafoot : Pourquoi le Maroc a gagné ?
Ce sacre n’est pas dû au hasard. Si la Jordanie a été l’équipe la plus courageuse, le Maroc a été la plus complète.
- La profondeur de banc : Faire entrer un joueur de la trempe de Hamdallah à la 70e minute est un luxe qu’aucune autre nation arabe ne pouvait se permettre dans ce tournoi.
- Le mental d’acier : Revenir au score à la 88e minute d’une finale demande une résilience psychologique exceptionnelle.
- L’équilibre tactique : Malgré les deux buts encaissés, le Maroc a su garder sa structure et ne pas paniquer sous la pression jordanienne.
VI. Un message fort pour la CAN 2025
En remportant cette Coupe Arabe 2025 au Qatar, le Maroc envoie un message fort à tout le continent africain à quelques mois de la CAN. Les Lions de l’Atlas disposent d’un réservoir de talents inépuisable, capable de briller même sans leurs stars évoluant en Europe.
Pour la Jordanie, cette défaite est cruelle mais elle marque la naissance d’une grande nation de football en Asie. Jamal Sellami a prouvé qu’il était l’un des meilleurs tacticiens de la région.
Mais ce soir, la fête appartient au peuple marocain. De Casablanca à Oujda, en passant par les rues de Doha, le drapeau rouge à l’étoile verte flotte plus haut que jamais. Les Lions sont les rois, et leur trône est bien mérité.
📊 Les chiffres clés de la finale :
- Possession : Maroc 58% – 42% Jordanie
- Tirs : Maroc 14 – 9 Jordanie
- Homme du match : Abderrazak Hamdallah (Doublé décisif)
- Spectateurs : 68 895 (Guichets fermés)
Finale Coupe Arabe 2025 : Maroc vs Jordanie, le choc des titans à Doha !