Par la Rédaction Sportive | Rabat, Stade Moulay-El Hassan
L’équipe nationale d’Algérie a assuré l’essentiel ce dimanche soir à Rabat en s’imposant face au Burkina Faso (1-0). Dans une rencontre hachée et marquée par une intensité physique de tous les instants, les hommes de Vladimir Petkovic ont su faire preuve de résilience pour enchaîner un deuxième succès consécutif. Grâce à un penalty de leur capitaine Riyad Mahrez, les Verts valident officiellement leur qualification pour le second tour de la CAN 2025 avant même l’ultime journée.
Un premier tournant décisif dès l’entame
Après une victoire inaugurale convaincante contre le Soudan (3-0), l’Algérie savait que ce duel face au Burkina Faso représentait le véritable “crash-test” de ce Groupe E. Dans l’arène de Rabat, Vladimir Petkovic a surpris en opérant des choix forts dès le coup d’envoi. Si le 4-2-3-1 de départ offrait une certaine sécurité, le match a rapidement pris une tournure tactique complexe.
Dès la 13e minute, coup de théâtre : Baghdad Bounedjah, pourtant pièce maîtresse du dispositif offensif, est contraint de céder sa place à Jaouen Hadjam. Ce changement précoce a forcé les Verts à réorganiser leur animation, mais n’a pas entamé leur détermination.
Le réveil du Capitaine : Mahrez ne tremble pas
Le tournant de la rencontre est survenu à la 21e minute. Sur une incursion tranchante dans la surface burkinabè, Ismahila Ouédraogo commet l’irréparable en fauchant l’attaquant algérien. L’arbitre n’hésite pas une seconde : penalty.
Sous une pression immense, Riyad Mahrez prend ses responsabilités. Avec le sang-froid qui caractérise les grands champions, le gaucher d’Al-Ahli trompe Hervé Koffi d’une frappe précise (1-0, 23′). Ce but, son premier dans cette compétition, vient récompenser une entame de match où l’Algérie a su occuper intelligemment les espaces malgré un pressing haut des Étalons.
Une bataille de tranchées au milieu de terrain
Le Burkina Faso, fidèle à sa réputation d’équipe accrocheuse, n’a jamais abdiqué. Portés par un Edmond Tapsoba omniprésent mais parfois à la limite (averti à la 89′), les joueurs de Bama Traoré ont multiplié les assauts. À la 43e minute, le stade a retenu son souffle lorsque P. Kaboré a vu sa tentative s’écraser sur le montant de Luca Zidane, sauvant une défense algérienne alors en difficulté.
Le second acte a été une véritable guerre d’usure. Vladimir Petkovic, sentant son équipe reculer, a procédé à des ajustements tactiques notables. L’entrée de Zineddine Belaïd à la place de Mahrez (61′) a signalé un passage clair à une défense à trois pour verrouiller l’axe. La gestion des temps faibles a été l’un des points positifs de la soirée : Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni ont multiplié les interventions décisives pour protéger la cage de Zidane, auteur de plusieurs arrêts réflexes importants (83′, 90’+3).
Une gestion d’effectif millimétrée
La fin de match a été marquée par une nervosité croissante. Les cartons jaunes distribués à Ismaël Bennacer et Mohamed Amoura témoignent de l’engagement total des Fennecs. Petkovic a utilisé toute la profondeur de son banc, faisant entrer des joueurs frais comme Fares Chaïbi et Himad Abdelli dans les derniers instants pour conserver le ballon et casser le rythme imposé par Dango Ouattara et Bertrand Traoré.
Malgré les arrêts de jeu à répétition et une pression étouffante des Étalons dans le “money-time”, le bloc algérien est resté de marbre. Le coup de sifflet final a libéré les supporters algériens venus en nombre à Rabat, célébrant une victoire acquise dans la douleur mais ô combien précieuse.
Cap sur la première place contre la Guinée équatoriale
Avec 6 points au compteur et une différence de buts confortable (+4), l’Algérie trône seule en tête du Groupe E. Cette qualification précoce permet à Vladimir Petkovic d’aborder la dernière rencontre face à la Guinée équatoriale avec sérénité. L’objectif sera désormais de conserver cette première place pour s’offrir un tableau plus favorable en huitièmes de finale.
Si tout n’a pas été parfait dans le jeu, notamment dans la transition milieu-attaque après la sortie de Bounedjah, la solidarité défensive retrouvée et l’efficacité de Mahrez sur phase arrêtée permettent aux Verts de rêver grand. L’Algérie est bel et bien lancée dans sa reconquête africaine.
Une résilience défensive à toute épreuve
Le grand enseignement de cette soirée à Rabat est sans aucun doute la solidité du bloc arrière algérien. Face à la furia des Étalons en fin de match, la charnière Mandi-Bensebaïni a rappelé pourquoi elle reste l’une des plus fiables du continent. Malgré la sortie prématurée de Bounedjah et le rééquilibrage tactique forcé, les Verts n’ont pas rompu.
Luca Zidane, titulaire dans les cages, a également marqué des points précieux. Sa sérénité sur les ballons aériens et son arrêt réflexe déterminant dans le temps additionnel (90’+3) sur une tentative de Dango Ouattara ont rassuré tout un peuple. Ce “clean sheet” (match sans encaisser de but) est le deuxième en deux matchs, une statistique qui place l’Algérie parmi les meilleures défenses du tournoi.
Le coaching de Petkovic : La flexibilité au service du résultat
Vladimir Petkovic a prouvé qu’il n’était pas figé dans ses certitudes. En lançant Zineddine Belaïd dès l’heure de jeu pour passer à une défense à trois, il a neutralisé les centres de Bertrand Traoré qui commençaient à créer le chaos dans la surface algérienne.
L’incorporation de Jaouen Hadjam a aussi permis d’apporter plus de coffre physique sur le flanc gauche, là où les assauts burkinabè étaient les plus tranchants. Bien que l’animation offensive ait été moins fluide qu’au premier match, Petkovic a privilégié l’efficacité tactique au romantisme du jeu, une approche souvent nécessaire pour aller au bout d’une CAN.
La gestion du Groupe E : Finir en beauté contre la Guinée équatoriale
Avec ce succès, l’Algérie occupe seule le trône du Groupe E :
- Algérie : 6 pts (+4)
- Burkina Faso : 3 pts (0)
- Soudan : 3 pts (-2)
- Guinée équatoriale : 0 pt (-2)
Le dernier match de poule contre la Guinée équatoriale ne sera pas qu’une simple formalité. Un match nul suffira aux Fennecs pour s’assurer la première place du groupe, une position stratégique qui permettrait d’éviter un “gros” dès les huitièmes de finale et de rester basés à Rabat pour la suite de la compétition.
Petkovic pourrait d’ailleurs profiter de cette rencontre pour faire tourner son effectif. Des joueurs comme Anis Hadj Moussa, Ibrahim Maza ou encore Adem Zorgane pourraient gratter du temps de jeu, permettant ainsi aux cadres comme Mahrez ou Bennacer de souffler avant le début des matchs à élimination directe.
Un signal fort envoyé au continent
L’Algérie ne s’est pas seulement qualifiée ; elle a montré qu’elle savait gagner, dans la douleur. Si le spectacle n’a pas toujours été au rendez-vous ce dimanche, la force de caractère affichée par les coéquipiers de Rayan Aït-Nouri envoie un message clair aux autres prétendants : les Fennecs sont venus pour reconquérir leur couronne.
Fiche Performance (Optimisée SEO)
- Top Joueur : Aïssa Mandi. Le patron de la défense a intercepté 6 ballons et remporté 80% de ses duels aériens.
- Le chiffre : 100%. C’est le taux de réussite de Riyad Mahrez sur penalty en sélection depuis 2024.
Statistiques Clés du Match :
- Score : Algérie 1-0 Burkina Faso
- Buteur : R. Mahrez (23′, SP)
- Possession : Algérie 48% – 52% Burkina Faso
- Tirs cadrés : Algérie 4 – 5 Burkina Faso
- Homme du match : Aïssa Mandi (Solidité défensive et leadership).
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