Par la Rédaction Sportive | Analyse Technique | Rabat
Au terme d’un combat d’une intensité rare au stade Moulay-El Hassan, l’Algérie a dompté le Burkina Faso (1-0). Si le penalty de Riyad Mahrez a libéré tout un peuple, c’est avant tout la discipline de fer et la solidarité défensive qui ont permis aux Verts de composter leur billet pour les huitièmes de finale de la CAN 2025. Analyse, baromètre et décryptage d’un succès fondateur.
Le Baromètre des Fennecs : La Solidité avant le Spectacle
Dans un match où le Burkina Faso a imposé un défi physique de tous les instants, les hommes de Vladimir Petkovic n’ont pas flanché. Voici les notes détaillées de cette prestation héroïque.
Luca Zidane (7.5/10) : Le nouveau rempart
Il y avait des doutes sur son baptême du feu dans un tel choc. Ils ont été balayés. Si sa première période fut calme, il a été monstrueux dans le “money-time”. Ses interventions à la 83e et surtout son arrêt réflexe sur la ligne à la 90’+3 face à Dango Ouattara sont les arrêts d’un gardien qui rapporte des points. Sa gestion de la profondeur a été impeccable.
Aïssa Mandi (7/10) – Le patron, tout simplement
Alors que le Burkina Faso multipliait les assauts, Mandi a régné en maître. Son sens du placement a compensé le manque de vitesse face aux flèches burkinabè. Son sauvetage à la 43e minute, où il contre un tir à bout portant qui semblait promis au but, est l’action du match. Un leadership silencieux mais vital.
Ramy Bensebaïni (7/10) : Le guerrier de Constantine
Toujours précieux dans l’engagement, il a formé avec Mandi une paire complémentaire. S’il a concédé quelques fautes par excès d’engagement, son impact dans les duels aériens a été crucial pour neutraliser Lassina Traoré.
Rayan Aït-Nouri (6.5/10) : Un piston infatigable
Actif offensivement, il a été le premier relanceur de l’équipe. En seconde période, il a dû se muer en défenseur pur, faisant preuve d’une maturité tactique intéressante malgré la pression exercée par Bertrand Traoré.
Samir Chergui (6/10) : La sentinelle de l’ombre
Sorti à l’heure de jeu (60e), il a parfaitement stabilisé le flanc droit de la défense. Discipliné, il n’a pris aucun risque, respectant à la lettre les consignes de Petkovic pour fermer les couloirs.
Le Milieu : Une Bataille de Tranchées
Ismaël Bennacer (7/10) : Le métronome sous haute tension
Recevoir un carton jaune à la 27e minute dans un tel match aurait pu le paralyser. Au contraire, le milieu du Milan AC a géré son match avec une intelligence rare. Il a été la plaque tournante, alternant jeu court et transitions rapides. Son corner à la 78e a failli sceller le match.
Hicham Boudaoui (6.5/10) : Le poumon des Verts
On ne le voit pas toujours, mais son volume de courses est phénoménal. Il a harcelé le porteur de balle burkinabè pendant 90 minutes, forçant les Étalons à jouer long. Un travail de sape indispensable.
Ibrahim Maza (7/10) : Des promesses et de la patience 🌟 L’HOMME DU MATCH
Pour sa première grosse titularisation dans ce contexte, le jeune prodige a montré des fulgurances techniques. S’il a baissé de rythme physiquement en seconde période, sa capacité à briser les lignes est un atout que Petkovic devra cultiver.
L’Attaque : L’Efficacité et les Coups du Sort
Riyad Mahrez (7/10) : Le Capitaine assume
Critiqué pour son manque de rythme, Mahrez a répondu de la meilleure des manières. Il transforme le penalty (21e) avec une autorité clinique (23e). Dans le jeu, il a été le point d’ancrage technique, permettant au bloc de respirer sous la pression.
Mohamed Amoura (6/10) : L’énergie brute
Sa vitesse est un poison permanent. Il a usé la défense adverse par ses appels incessants. Cependant, il doit gagner en lucidité dans le dernier geste pour devenir un tueur de classe mondiale. Son jaune (73e) symbolise sa fougue parfois mal maîtrisée.
Baghdad Bounedjah (6.5/10) : Le pivot sacrifié
Il a livré une bataille physique impressionnante contre Tapsoba et Dayo. Toujours utile en appui, il a manqué de ballons exploitables dans la surface, mais son travail ingrat a libéré des espaces pour Amoura.
Jaouen Hadjam (Non Noté) : Le drame de la 13e minute
C’est le point noir de la soirée. Sorti sur blessure dès la 13e minute, son absence a obligé Petkovic à revoir ses plans prématurément. Un coup dur pour le latéral qui montait en puissance.
Analyse Tactique : Le “Masterclass” de Petkovic ?
Vladimir Petkovic a montré qu’il savait s’adapter à l’Afrique. Face à une équipe du Burkina Faso qui a eu la possession (52%), il a accepté de subir pour mieux contrer. Le passage en 3-5-2 avec l’entrée de Zineddine Belaïd (61e) a été un coup de maître : l’Algérie a alors fermé l’entonnoir central, obligeant les Étalons à centrer dans une zone dominée par le trio Mandi-Bensebaïni-Belaïd.
L’équipe a montré une capacité à “gagner sale”, une qualité qui manquait parfois aux sélections précédentes. La discipline tactique a pris le pas sur le “Joga Bonito”, et dans une CAN, c’est souvent la recette du succès.
LE TOP & LE FLOP
- ✅ Le TOP : La maturité collective. Sous Petkovic, l’Algérie semble avoir appris à souffrir sans paniquer. Passer de l’euphorie du 3-0 contre le Soudan à un combat tactique fermé contre le Burkina prouve une grande capacité d’adaptation.
- ❌ Le FLOP : La gestion des fautes. Trop de coups francs concédés aux abords de la surface (Aït-Nouri et Chergui notamment). Face à des tireurs d’élite, ce manque de discipline aurait pu coûter cher.
LE DÉBAT DU SOIR
Vladimir Petkovic a-t-il eu raison de passer en 3-5-2 pour conserver le score ?
1️⃣ Oui, la qualification justifie les moyens.
2️⃣ Non, l’Algérie aurait dû continuer à attaquer pour doubler la mise.
Analyse technique : Le passage à 5 défenseurs à la 61e minute avec l’entrée de Belaïd a permis de densifier l’axe et de forcer le Burkina Faso à jouer sur les côtés, une zone où les Verts étaient en supériorité numérique.
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