Les Fennecs s’évitent le pire à Bujumbura : récit d’une soirée de souffrance face aux Hirondelles (2-2)

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Bujumbura, Stade Intwari. Au terme d’un scénario haletant, l’Algérie a arraché le point du match nul (2-2) face à une entreprenante sélection du Burundi, dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2027). Menés de deux buts après seulement douze minutes d’un naufrage défensif total, les hommes d’un onze national en pleine reconstruction ont su trouver les ressources mentales pour recoller au score grâce à Mohamed Belloumi (30e) et Adil Boulbina (63e).

Si l’honneur est sauf, l’opération comptable reste une mauvaise affaire : les Fennecs abandonnent deux points précieux dans la course à la qualification et repartent de la capitale burundaise avec d’immenses certitudes tactiques à revoir.

Le Fil du Match : Chronique d’un électrochoc

Le surprenant hold-up d’entrée des Hirondelles

Le coup d’envoi à peine donné, le plan de jeu ultra-vertical du Burundi prend l’arrière-garde algérienne à la gorge. Trop hauts, pas assez agressifs sur le porteur de balle, les Verts se font cueillir à froid.

  • 5e minute (1-0) : Sur un contre assassin mené côté droit, l’ailier d’Al-Ahli Jean Girumugisha profite d’un alignement défaillant de Jaouen Hadjam pour s’infiltrer dans la surface et tromper Melvin Mastil d’une frappe croisée millimétrée.
  • 12e minute (2-0) : Le Stade Intwari chavire dans l’irréel. Sur une relance aérienne anodine, Ramy Bensebaini commet une incroyable erreur d’appréciation. Sa déviation manquée profite à M. Nstiel qui, absolument seul au second poteau, ajuste Mastil à bout portant.

En douze minutes, l’Algérie est KO debout. Les Fennecs confisquent alors le ballon (jusqu’à 70% de possession), mais leur circulation périphérique et stérile se heurte au double rideau burundais.

La révolte signée Belloumi

La lumière va finalement venir d’un pressing haut. À la 30e minute, profitant d’un dégagement totalement manqué par l’axe central du Burundi sous la pression d’Amin Chiakha, Mohamed Belloumi hérite du cuir au point de penalty. Sans trembler, le jeune ailier déclenche une frappe croisée rasante qui fait trembler les filets (2-1). L’Algérie respire, mais perd gros juste avant la pause : son maître à jouer, Himad Abdelli, s’écroule après un tacle appuyé et doit céder sa place à Adem Zorgane, touché à la cheville (45+3e).

Le coup de génie d’Adil Boulbina

Au retour des vestiaires, le rythme haché par les fautes profite aux locaux, et les Verts frôlent la correctionnelle à la 58e minute sur un but burundais fort heureusement refusé pour un hors-jeu préalable.

L’égalisation va finalement venir d’un coup de pied arrêté magistral. À la 63e minute, suite à une faute provoquée plein axe par Ibrahim Maza, Adil Boulbina prend ses responsabilités. Sa frappe enroulée du droit survole le mur et va se loger directement dans la lucarne d’un Nahimana impuissant. 2-2, le plus dur est fait.

Une fin de match respirable

La dernière demi-heure se transforme en un combat tactique étouffant. Fatigués, les Burundais reculent mais restent menaçants. À la 83e minute, le défenseur de l’OGC Nice, Youssouf Ndayishimiye, manque de peu le hold-up de la tête sur corner. À la 87e, c’est un tacle désespéré d’Aïssa Mandi sur sa ligne qui sauve l’Algérie du désastre. Dans le temps additionnel (90+1e), Jaouen Hadjam hérite de la balle de match au second poteau, mais sa demi-volée s’envole, scellant le score de parité.

Les Enseignements Tactiques

[70% Possession Algérienne] ──> Manque de verticalité ──> Blocs intérieurs stériles
[30% Possession Burundaise] ──> Transition ultra-rapide ──> Danger constant (8 tirs en MT1)
  1. Une “Rest-Defense” à retravailler : Ce match a mis en lumière l’immense vulnérabilité des Fennecs sur les phases de transition négative. Attaquer en nombre est une ambition louable, mais sans un contre-pressing immédiat et une couverture stricte des latéraux, chaque perte de balle s’est transformée en occasion de but pour le Burundi.
  2. L’impact de la blessure d’Abdelli : Le passage de témoin forcé avec Adem Zorgane en seconde période a rigidifié le milieu de terrain. Si Zorgane a apporté l’impact physique nécessaire pour stopper les contres, sa distribution plus conservatrice a isolé Ibrahim Maza et privé les attaquants de ballons exploitables dans les petits espaces.
  3. Une jeunesse de caractère : Le grand motif de satisfaction de cette soirée réside dans la force mentale de la nouvelle garde. Belloumi, Maza et Boulbina n’ont pas sombré collectivement et ont porté la révolte technique. Le chef-d’œuvre de Boulbina prouve que le talent individuel peut masquer les manques collectifs, à condition que ces derniers soient rapidement gommés par le staff technique.

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