Le choc Maghreb-Golfe a tourné à la démonstration de force. Au terme d’une demi-finale maîtrisée de bout en bout au stade Al Bayt, le Maroc a validé son ticket pour la finale de la Coupe Arabe 2025 en disposant des Émirats Arabes Unis sur un score sans appel de 3-0. Si la première période fut une bataille tactique serrée, le second acte a révélé l’immense profondeur de banc des Lions de l’Atlas, portée par un Abderrazak Hamdallah des grands soirs.
Le Film du Match : Une montée en puissance irrésistible
Une entame sous haute tension
Dès le coup d’envoi, les hommes de Tarik Sektioui ont imposé un pressing haut. Après des alertes signées Anas Bach (10e) et Oualid Azaro (14e), le verrou émirati finit par céder. À la 28e minute, sur une inspiration lumineuse de Hamza El Moussaoui, Karim El Berkaoui trompe Hamad Almeqbaali et libère le public marocain (1-0).
Le tournant tactique de la 73e minute
Alors que les Émirats de Cosmin Olăroiu tentaient de réagir par Bruno (52e, 58e) et Majid Rashid, Tarik Sektioui a opéré un triple changement qui a tué tout suspense. L’entrée simultanée de Hamdallah, El Mahdioui et Bentayg a redonné un second souffle athlétique au Maroc.
La mise à mort
À la 83e minute, Hamdallah, en pivot, sert parfaitement Achraf El Mahdioui qui double la mise d’une frappe chirurgicale (2-0). Dans le temps additionnel (90’+2), le “serial buteur” Abderrazak Hamdallah parachève le succès sur une offrande de Mohamed Boulacsout (3-0), avant de recevoir un jaune pour sa célébration passionnée.
Analyse Technique : Les clés de la supériorité marocaine
1. La gestion des transitions et la largeur
Le Maroc a excellé dans l’utilisation des couloirs. Le duo El Moussaoui – Boulacsout a constamment étiré le bloc émirati, forçant Khaled Aldhanhani et Ruben Amaral à reculer. Cette largeur a créé des intervalles axiaux dont ont profité Zahzouh et plus tard El Mahdioui.
2. L’impact du Banc : Le “Facteur Hamdallah”
La différence entre une grande équipe et une équipe finaliste réside souvent dans la profondeur de banc. En faisant entrer Hamdallah à la 73e minute, Sektioui a apporté un profil de point d’appui que la défense fatiguée de Lucas Pimenta et Sasa Ivkovic n’a plus réussi à contenir. Statistiques d’impact : En 20 minutes, Hamdallah comptabilise 1 but, 1 passe décisive et 1 tir cadré.
3. La Solidité Défensive (Clean Sheet)
Malgré les tentatives de Nicolas Gimenez et Caio Lucas (89e), la charnière Bouftini – Saadane a été impériale. Le Maroc termine la rencontre avec une sérénité défensive remarquable, bien aidé par un milieu de terrain (Hrimat – Bach) qui a coupé les lignes de passes vers Yahya Alghassani.
Fiche Technique et Notes
Les Notes du Maroc (Lions de l’Atlas)
El Mehdi Benabid (7.5) : Très peu sollicité en première période, il a répondu présent au retour des vestiaires avec un arrêt réflexe déterminant à la 47e minute. Un “clean sheet” mérité qui rassure sa défense.
Mohamed Boulacsout (7) : Une activité débordante sur son flanc. Solide défensivement face à Caio Lucas, il s’est transformé en ailier en fin de match pour offrir une passe décisive parfaite à Hamdallah (90’+2). Attention au carton jaune évitable à la 81e.
Soufiane Bouftini (7) : Le patron de la défense. Il a éteint Bruno et Sultan Adil grâce à son sens de l’anticipation et sa puissance dans les duels aériens.
Marwane Saadane (6.5) : Un match sobre et efficace. Malgré un carton jaune précoce (38e), il a su gérer ses interventions avec intelligence sans jamais se mettre en danger.
Hamza El Moussaoui (8) : L’un des grands architectes de la victoire. Sa qualité de centre a été un calvaire pour les Émiratis. C’est lui qui dépose le ballon sur la tête d’El Berkaoui pour l’ouverture du score (28e).
Anas Bach (6.5) : Travailleur de l’ombre au milieu de terrain. Il a parfaitement coupé les lignes de passes émiraties avant de céder sa place à la 73e pour apporter plus de punch offensif.
Mohamed Rabie Hrimat (7) : Le métronome. Il a dicté le rythme du match et a gratté un nombre incalculable de ballons. Indispensable dans l’équilibre de Tarik Sektioui.
Amin Zahzouh (6) : Très remuant en début de match, il a manqué de précision dans le dernier geste (34e). Remplacé à la 73e par El Mahdioui, un coaching qui s’est avéré payant.
Oussama Tannane (6.5) : Des fulgurances techniques et des coups de pied arrêtés toujours dangereux (12e, 35e). Il a pesé sur la défense avant de sortir pour Walid El Karti (81e).
Karim El Berkaoui (8.5) : Élu homme du match pour beaucoup. Il débloque la situation d’un coup de casque magistral (28e) et a multiplié les appels qui ont épuisé la charnière centrale adverse.
Oualid Azaro (6) : Beaucoup de générosité mais un manque de réussite devant le but (14e). Il a pesé physiquement sur la défense avant de laisser sa place au “serial buteur” Hamdallah.
Les Remplaçants décisifs :
- Abderrazak Hamdallah (9) : Entrée légendaire. En 20 minutes : une passe décisive (83e) et un but (90’+2). Il a transformé une victoire courte en une véritable démonstration.
- Achraf El Mahdioui (8) : Entrée clinique. Il marque le but du break (2-0) sur son premier ballon dangereux.
Les Notes des Émirats Arabes Unis
Hamad Almeqbaali (6) : Difficile de lui reprocher les buts. Il réalise deux arrêts importants en première période (14e, 34e) qui ont maintenu son équipe en vie.
Ruben Amaral (5) : Souvent débordé par El Moussaoui. Il a tenté d’apporter offensivement (47e) mais a laissé trop d’espaces dans son dos.
Lucas Pimenta (4) : Un match cauchemardesque. Souvent en retard, il commet plusieurs fautes (21e, 40e, 76e) et perd ses duels face à la puissance de Hamdallah en fin de match.
Sasa Ivkovic (5) : Plus solide que son compère de charnière, il a sauvé quelques situations chaudes mais a fini par craquer sous la pression constante du Maroc.
Khaled Aldhanhani (5) : Trop timoré. Il s’est contenté de défendre sans jamais proposer de solution à Alghassani sur l’aile.
Majid Rashid (5.5) : Il a essayé de stabiliser le milieu mais a été noyé sous le volume de jeu de Hrimat. Remplacé à la 63e.
Nicolas Gimenez (6) : Le meilleur émirati sur le terrain. Ses coups de pied arrêtés (2e, 3e, 45e+2) ont été les seules véritables sources de danger pour le Maroc.
Yahya Alghassani (4.5) : Très discret. L’ailier n’a jamais réussi à prendre le dessus sur Boulacsout et a été signalé plusieurs fois hors-jeu.
Caio Lucas (5.5) : De la volonté et quelques tentatives (19e, 37e, 89e), mais trop isolé pour inquiéter le bloc marocain.
Bruno (5) : Quelques éclairs en début de seconde période (52e, 58e), mais il a disparu dès que le Maroc a doublé la mise.
Sultan Adil (4.5) : Un match ingrat. Sevré de ballons, il a passé son temps à courir après les défenseurs marocains avant de sortir à la 71e.
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